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Tour d’Europe des retraites

Première escale : l'Allemagne


Aujourd’hui, la question des retraites interpelle tout un chacun : Gouvernements, entreprises, syndicats, personnes en activité ou en retraite. L’augmentation de l’espér
ance de vie, qui constitue un progrès en soi, nous oblige à réfléchir à la répartition temps de travail/retraite.

De nombreux outils ont été mis en place pour adapter les pensions au regard des transformations de la société. Depuis le régime historique allemand fondé sur la répartition jusqu’à la capitalisation par assurances privées instaurée en Grande Bretagne, des régimes par points en passant par les comptes notionnels suédois, différents systèmes de retraite cohabitent aujourd’hui en Europe. Des systèmes que nous tenterons de vous faire découvrir dans La CNIEG et vous au travers de ce tour d’Europe des retraites, dont le premier article est consacré à l’Allemagne.

L’Allemagne, un régime par répartition

En Europe, les premiers régimes de retraite pour le secteur privé apparaissent à la fin du 19ème siècle. C’est l’Allemagne, du Chancelier Bismarck, avec la loi "invalidité vieillesse" de 1889 qui est à l’origine du développement des retraites, alors appelées assurances sociales. Outre les contributions à parts égales entre employeurs et salariés, l’état allemand soutient ce régime par une subvention. En 1957, cette subvention est revalorisée avec pour effet la création d’un revenu de remplacement qui stabilise le niveau des pensions à 70 % des salaires : un niveau élevé qui s’explique par un contexte démographique très favorable (baby-boom d’après-guerre). Fidèle à son histoire sociale, l’Allemagne réaffirme son choix de société lors de la signature du Traité de réunification en 1989. Le Chancelier Helmut Kohl décide de mettre au même niveau les retraites des 5 landers de l’est, jusqu’ici 3 fois inférieures à celles de l’ouest. Cette mesure, cumulée au vieillissement de la population et à l’engagement de l’Etat pour la stabilisation des pensions à hauteur d’un taux de remplacement de 70%, menace la pérennité de ce régime dont le rapport actifs/retraités se dégrade.

Ce contexte milite pour un recul progressif de l’âge de départ en retraite qui intervient dès 1997. Des mesures sont également prises pour baisser le niveau des pensions : un facteur démographique est introduit dans la formule d’indexation des retraites pour éviter d’augmenter les taux de cotisations.  Aujourd’hui, compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, amenée à s’accroître de 2,8 années d’ici à 2030, un nouveau débat s’instaure pour repousser progressivement de 65 à 67 ans l’âge de départ à la retraite à l’horizon 2029. L’ensemble de ces mesures devraient conduire à une baisse régulière des taux de remplacement (qui devraient tendre vers les 43% d’ici 2040) au profit des assurances d’entreprises et des assurances individuelles, sans pour autant menacer l’architecture de ce régime par répartition.

Article paru dans La CNIEG et vous N°15 - avril 2010

 

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