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29/03/10
La forme sans les formes
La prise de poids, passé la cinquantaine, effraie tout homme ou femme qui souhaiterait tant bien que mal garder la silhouette de ses 20 ans ! Car c'est un fait, quel que soit notre sexe, on a tendance, à partir de 50/60 ans, à prendre quelques kilos superflus.
"Après 50 ans, il faut garder ou retrouver le poids de ses 20 ans, avec 3 ou 4 kilos de plus", explique Jacques Fricker, médecin nutritionniste. "Pour 1m65, on peut peser de 55 à 75 kilos, la fourchette est large. La perception individuelle et l'avis du médecin sont importants : si on souffre d'une arthrose du genou, par exemple, il vaut mieux perdre du poids. En fait, il faut savoir s'écouter".
Le poids des années
La prise de poids, après 50 ans, peut s'expliquer par trois phénomènes. D'abord, le métabolisme de base – l'énergie dont on a besoin pour nos fonctions vitales – diminue avec l'âge. Proportionnellement, il faudrait donc veiller à réduire les apports caloriques, ce qui est rarement le cas. Ensuite, nos activités, et par conséquent nos dépenses énergétiques ont tendance à diminuer elles aussi... Bilan : moins de besoins, moins de dépenses, et un apport alimentaire qui tend à rester stable engendre une prise de poids. Pour les femmes, il faut y ajouter les changements liés à la ménopause. Avec la baisse de la production d'hormones sexuelles, les graisses localisées sur les hanches et les cuisses fondent, tandis que celles du ventre s'accumulent. Et la moindre production d'oestrogènes peut également augmenter l'appétit. Un suivi adéquat peut alors éviter un changement de silhouette difficile à accepter.
Quand les hormones s’en mêlent…
Qui dit "suivi adéquat" dit "traitement hormonal". Mais, si l'on veut éviter de grossir, peut-on faire confiance aux hormones de substitution ? A priori, pas de problème ! Ces molécules tendent plutôt à ralentir la migration des graisses des hanches vers le ventre et peuvent aider les femmes à s'adapter aux changements qui se produisent dans leur corps. De plus, les traitements hormonaux substitutifs peuvent amoindrir le petit coup de déprime qui va parfois de pair avec la ménopause. Et comme déprime rime souvent avec compensation alimentaire... Ceci dit, comme avec la pilule contraceptive, la prise d'hormones peut déséquilibrer l'organisme et aboutir à une prise de poids. Il est donc nécessaire de se faire suivre régulièrement par son gynécologue afin d'affiner les dosages et de peser, au plus juste, les risques et les bénéfices de tels traitements.
Un équilibre à trouver
Sans forcément se restreindre, quelques adaptations dans l'alimentation quotidienne permettent de rétablir l'équilibre entre les besoins et les apports énergétiques et d'éviter une prise de poids excessive. Mais attention aux idées reçues qui jouent souvent à contre courant ! Par exemple, gardez-vous de réduire trop drastiquement votre consommation de viande. En effet, après 50 ans, la masse musculaire fond, ce qui rend difficile la stabilisation du poids. Pour la maintenir, il devient impératif de conserver de bons apports protéiques en alternant viandes, poissons et oeufs. Parallèlement, veillez à consommer près de 150 g de fruits et légumes par jour : ils font baisser le taux sanguin d'insuline, hormone dont l'excès provoque le stockage des graisses. Pour les petites faims, privilégiez la consommation de fruits, de glucides lents (pain), de yaourts ou de carrés de chocolat (en nombre raisonnable). Pour les extras, pas de problème, à condition qu’ils soient exceptionnels. "Il faut que les extras en vaillent la peine pour des raisons gustatives ou sociales", explique Jacques Fricker. "Un régime ne vaut que par ses écarts. Déguster un délicieux gâteau chez une amie, ou avaler une bonne crêpe dans un restaurant, si c'est un moment de partage et de convivialité, est presque un devoir".
Une bonne dose d'activités
Dépenser de l'énergie permet également de garder l'équilibre. Avec l'âge, il est essentiel de maintenir une activité régulière qui entretient le corps, préserve le tonus musculaire et représente une dépense calorique suffisante pour garder la ligne. L'idéal est d'alterner deux types d'exercices, en choisissant des sports ni trop traumatisants pour les articulations, ni trop exigeants pour le coeur. Pour se faire, pratiquez des sports d'endurance comme le vélo, la natation, la marche et éventuellement le jogging sans excès. Et en complément, pour entretenir la musculature et exercer les articulations, quelques mouvements de gymnastique, de yoga et d'abdominaux sont particulièrement indiqués. Le tout étant de s’exercer avec assiduité.
Article paru dans La CNIEG et vous N°15 - avril 2010


